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25 août 2011

La bourse ou la vie

par Valérie des Temps qui courent

La sainte paie

On donne son maximum pour un salaire minimum ou on vend tout son temps pour un salaire décent. Dans tous les cas, on se dépense. Mais à l’heure des comptes, si on ne se conte pas d’histoires, il reste qu’on n’est pas souvent content.

Crédit, débit, guichet, monnaie. L’argent circule. On en dépense, et même si on en fait, nos comptes ont toujours l’air en souffrance. Dès qu’on a du liquide, il nous coule entre les doigts. L’argent circule, mais où va l’argent? Non, il ne disparaît pas entièrement dans les craques du divan. Alors pourquoi la journée de la paie nous remplit-elle de papillons d’anticipation? Pourquoi le porte-monnaie est-il toujours trop léger? Nos poches toujours vides? Et pourquoi, malgré cet apparent dénuement, nos logis, eux, sont-ils si pleins?

On passe à la caisse et on se passe au cash

On va cracher tout son gagne-pain au casse-croûte ou on confond centre des loisirs et centre d’achats. Nos comptes de cartes de crédit engraissent, tout comme l’inventaire de nos possessions, tout comme nous qui accumulons.

Avec le crédit facilement accessible et l’achat compulsif généralisé de choses dont on pourrait sans doute se passer, on a beau vouloir engranger du foin, on risque de se retrouver sur la paille. Les Nord-Américains n’ont jamais été aussi endettés qu’à présent et pourtant, ils n’ont jamais passé tant de temps à travailler. On en conclut donc que travailler davantage ne veut pas nécessairement dire avoir davantage d’argent.

L’argent ne fait pas le bonheur, mais il fait qu’on se lève de bonne heure

Aux Temps qui courent, le temps, ce n’est pas de l’argent, mais une ressource précieuse qui permet de se ressourcer. Et occuper son temps autrement qu’à gagner de l’argent permet de gagner… du temps!

Si on veut accroître les bénéfices qu’engendre le temps de qualité passé avec soi ou en famille, on modifie son mode de vie. Mais réduction du temps passé au travail égale réduction du train de vie et ajustement des finances personnelles. Le flot des dépenses ralentit. Le porte-feuilles se met à la diète. Et les cartes de crédit prennent des vacances avant le gel des fonds.

Des sacrifices sur l’autel de la monnaie?

Pas d’angoisse cependant! Il n’est pas ici question de privations perpétuelles ni de frustration permanente. On n’a pas même à se la faire façon « austérité volontaire », ni à renoncer à tous les petits plaisirs du monde. Le confort et même un brin de luxe demeurent à notre portée. On ne sacrifie jamais son essentiel et on choisit judicieusement son superficiel.

Au lieu de posséder un tas de trucs qu’on finit par oublier à travers l’abondance de cossins empilés, on désencombre nos logis, on achète moins et mieux, puis on profite pleinement de ce qu’on a. Et pour une fois qu’on est encouragé à se montrer profiteur, il serait fou de ne pas en profiter!

Aux Temps qui courent, on déteste autant être à la dernière minute qu’à la dernière cenne. On veut en avoir plus pour son argent et rendre plus profitable son temps. On souhaite donc s’économiser (ou mieux se dépenser) et économiser (et mieux dépenser). Et comme on ne tient pas à perdre notre vie à la gagner, on cherche le moyen de s’épargner et d’épargner sans pour autant paraître ruiné.

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