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29 août 2011

Raisons sociales

par Valérie des Temps qui courent

Désavantages sociaux

C’est la haute pression pour la réussite. Hypertendus, on cherche à joindre les deux bouts, à concilier vie et vie en société. Mais il n’est pas simple de trouver sa place dans le grand monde, ni d’occuper confortablement son siège social. On craint le faux pas public, le jugement des pairs, l’opinion du voisin, le regard de l’autre, la désapprobation du patron, la déception de la famille, du conjoint, des amis… alouette!

Rien ne semble pire que de ne pas être le meilleur, surtout quand on a fait de son mieux. On veut faire bonne figure, prouver sa compétence, atteindre le rang social auquel on aspire. Pouvoir, statut et postes de prestige sont convoités. Notre société fonctionne comme la bourse : un individu sans titre n’a pas de valeur. Il n’a qu’à cirer les parquets ou à se faire discret.

On se magne donc le train à toute vapeur : l’animal social (c’est nous, ça!) est compétitif, parfois même agressif. Il ne veut pas être largué et traîner de la patte derrière. Il montre souvent les dents. Il fait des pieds et mes mains, il joue du coude pour rester dans le peloton de tête. Il suit le rythme et il veut avoir l’air de connaître la chanson. Il veut bien étonner, mais surtout pas détonner.

Hors de la norme, point de salut et surtout, on ne vous salue point

L’animal social craint souvent de s’écarter du troupeau. Il redoute le rejet, la disgrâce, alors il chasse son naturel et abat la besogne au galop. Mais contre toute apparence, la réussite ne repose pas en entier sur l’efficience. Ça prend aussi, semble-t-il, le look, l’attitude, le style. L’animal social se laisse éblouir par le prestige de l’uniforme. Il soigne très bien son image, mais se malmène allègrement.

On passe et repasse donc au crible de la société jusqu’à homogénéité des idées. On endosse le chèque et l’uniforme puis on rentre dans le rang. En voulant appartenir au groupe, on s’appartient de moins en moins. On se prend au jeu sans trop se demander s’il vaut vraiment cette chandelle que l’on brûle par les deux bouts. On a le sentiment de n’avoir pas le choix, celui qu’un autre l’a fait pour soi. Mais au-delà des apparences, qu’y a-t-il en nous et qu’est-ce que ça pense?

L’individu contre le poids de la masse

Il est tout à fait légitime de vouloir réussir dans la vie, mais il ne faudrait surtout pas négliger, au passage, de réussir sa vie. Mais voilà : aux prises avec trente six millions de choses à penser, aplatis et nivelés par la pression sociale, on s’oublie tout comme on oublie les valeurs qui nous tiennent à cœur et même notre propre valeur. On trompe nos rêves. On a du mal à rester fidèle à soi-même.

Aux Temps qui courent, on juge qu’il est vital de jeter un œil sur les raisons sociales avant que la société ait raison de notre intégrité physique et de notre santé morale! On remet donc en question les symboles de la réussite. On se souvient de ce qui nous convient, on investit dans nos valeurs et on profite.

On taille sa place en société en taillant sur mesure son propre modèle de succès. On en choisit couleurs et options pour être fidèle à soi, authentique, vrai. Ce modèle aura peut-être un peu moins d’élégance, de prestige ou d’éclat, mais au final, c’est lui qui fera qu’on n’éclatera pas.

 

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