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5 septembre 2011

Théorie vaseuse

par Sophie des Temps qui courent

Versez sans cesse de l’eau dans un vase et vous le verrez inévitablement déborder. Cela n’étonnera personne et nul ne songera à blâmer le vase pour sa difficulté à gérer convenablement l’afflux constant. Pourtant, lorsqu’il s’agit de nos vies, cette logique fout le camp : même débordés, on continue d’en ajouter en espérant que ça va tenir. Et si on arrive vraiment plus à tout gérer, bonjour la culpabilité!

Plus ou moins?

Pourquoi peine-t-on autant à admettre cette évidence? Pour alléger notre emploi du temps, il ne suffira pas d’y AJOUTER des exercices de respiration profonde, il faudra aussi forcément y ENLEVER des choses (et là, on respirera déjà mieux!). Mais retirer quoi, et en quelle quantité, et jusqu’à quand? Tout nous semble si essentiel, si obligatoire, et puis, on n’est pas des fainéants!

Je vous reçois 4 sur 5

Pour la plupart d’entre nous, le travail occupe une part considérable de notre temps d’éveil. Aux heures travaillées s’ajoute le temps (parfois considérable) perdu quotidiennement dans le transport: faites le calcul!

Il y a de cela quelques années, alors jeune maman, j’avais demandé à travailler quatre jours semaine plutôt que cinq dans une entreprise. J’étais évidemment la seule hérétique à avoir formulé cette demande… et on me l’a accordé! Génial : je pouvais faire la lessive, l’épicerie et la cuisine le vendredi et profiter pleinement de mes fins de semaine. Une petite journée de moins et ma qualité de vie avait quadruplé! J’arrivais le lundi au travail, disponible et reposée. Bien sûr, toute chose ayant un prix, j’avais dû aussi ajuster mes dépenses en conséquence.

Moi, ma mine resplendissante et mon salaire réduit avons bien essayé de faire d’autres convertis, mais en vain…

Ne faites pas cela à la maison

Malgré l’abondance d’ouvrages nous invitant à adopter la zen attitude et à cultiver notre « intérieur », il demeure très valorisé socialement de ne pas avoir une minute à soi et de viser un revenu maximal qui nous permettra d’exhiber fièrement notre « extérieur ».

Nos nouveaux héros ont le téléphone intelligent greffé à la main, des tas de contacts sur LinkedIn et ne disent jamais non à des heures supplémentaires avant de s’effondrer tard le soir devant leur cinéma maison, entourés de « toutes ces choses qui donnent envie d’autre chose » (celle-là, je l’ai piquée à Alain Souchon).

Cours Forest, cours!

Dans ces conditions, difficile de changer de rythme sans avoir l’impression de se retrouver seul en plan sur le bord de l’autoroute, alors que les autres continuent d’y courir en groupe le grand marathon de la performance sous les exhortations de la foule… Mais a-t-on vraiment envie de gagner cette course?

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