Aller au contenu principal

18 octobre 2011

1

Éclairage artificiel

par Valérie des Temps qui courent

Ensoleillé avec passages nuageux, le dernier billet de Sophie, m’a fait sourire, puis réfléchir. Je me suis demandé comment la vie se passe pour moi, comment je la vois. Mon verre est-il à moitié vide ou à moitié plein? Et qu’est-ce qu’il contient?

Question de fond

Je ne suis pas aux prises avec les vicissitudes du climat. Il n’y a pas de petit nuage gris planant en permanence au-dessus de ma tête. Tant que je ne vois pas la toast face beurrée contre terre, je crois toujours qu’elle va tomber du bon côté. Comme un chat.

La vie m’a dotée d’un bon fond d’optimisme… et de bons fonds de bouteille. Je la regarde à travers d’épaisses lunettes roses. Et ma vision troublée me met dans le trouble souvent. Quand j’ouvre enfin les yeux, je suis en plein dedans. Même si je suis foncièrement positive, le fait de recevoir des fleurs m’étonne toujours et la surprise n’est jamais moindre quand je reçois un pot.

2 watts

Je ne me trouve pas très allumée sur la nature des gens. Quand on n’a pas en soi trop de mesquinerie, de jalousie ou d’hypocrisie, on ne s’attend pas à en trouver chez les autres. Ma vie n’est donc jamais ennuyeuse, j’ai des surprises tout le temps : « Ah ben tiens, ça arrive, ça? Ça peut se dire, ça? Ça se fait, ça? » Quand je me frotte à la méchanceté, à la mauvaise foi et à la trahison, je m’y pique et je tombe en bas de ma chaise tout en tombant des nues, seul élément relatif au climat dans mon cas. Qu’on tombe d’une chaise ou bien d’un nuage, la candeur souffre passablement à l’atterrissage. Bienvenue sur terre!

Oui, chaque fois, les coups bas, je ne m’y attends pas. J’ai pourtant l’intelligence de voir que le même genre de situation se présente inlassablement dans ma vie, mais d’une fois à l’autre, j’oublie. Je magnifie la réalité, les intentions des gens, je veux tout regarder sous un jour positif. Je suis aveuglée par l’éclairage artificiel sous lequel je vois les choses ou par les traces de doigts qui cochonnent mes lunettes roses.

Boire la tasse

Je sais, en théorie du moins, que « tout le monde il est pas beau, que tout le monde il est pas gentil ». Mais je hais les conflits autant qu’un certain gros chat orange gavé de lasagne hait les lundis. Je louvoie beaucoup pour les éviter (les conflits, pas les gros chats), mais je n’arrive pas toujours à les contourner (toujours les conflits). Je ne me sens jamais très ferrée pour le combat ou j’oublie carrément de me protéger en me disant : « Je me trompe sans doute sur ses intentions, il doit y avoir erreur, on va en parler et ça ira ». Quand les situations pénibles et les revers de fortune se présentent, et ils se présentent inévitablement, il me faut pourtant boire la tasse sans pour autant tout renverser ou sans toujours m’en trouver bouleversée.

« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir? »

Selon certaines études, les gens naturellement optimistes sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. Je ne sais pas. Parfois, je me dis qu’il serait préférable, pour ma propre sécurité, de voir le mur avant de réaliser que mes dents s’y plantent ou que j’y suis encastrée. A-t-on moins mal quand on s’attend à la douleur?

Alors, mon verre est-il à moitié vide ou à moitié plein? Ai-je un plein verre d’eau trouble, un demi-verre d’eau de robinet ou une goutte d’eau pure au fond d’un verre sale?

Puisque mon verre déborde d’enthousiasme, je dois éponger des dégâts. Mon optimisme est aveugle, j’essaie de l’être moins. Je deviens plus astucieuse avec le temps, plus clairvoyante. Je suis un peu moins candide qu’avant. J’apprends à me protéger, mais je trouve désolant de devoir être sur mes gardes en tout temps. Si on me donnait le choix, j’opterais pour foncer et faire confiance librement… en levant mon verre à la vie!

Publicités
Un commentaire Poster un commentaire
  1. Déc 5 2011

    Bonjour,

    Je viens de tomber sur votre blog par l’entremise du site Web riendemoins.com.

    Vraiment bien vos messages. Il faut aussi dire que je suis une optimiste de la vie et que moi non plus, je n’aime pas les conflits… Je suis un peu (beaucoup) naïve sur ce point… Pour moi, tout le monde est beau et tout le monde est fin jusqu’à preuve du contraire. Par contre, lorsque le contraire arrive, je suis déstabilisée au plus haut point.

    Disons que j’ai été contente de lire que je ne suis pas la seule dans cette situation. Vos textes font réfléchir.

    Merci et bonne continuité!

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Remarque : Le HTML est autorisé. Votre adresse email ne sera jamais publiée.

S'abonner aux commentaires

%d blogueurs aiment cette page :