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27 novembre 2011

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Attention, froid devant!

par Sophie des Temps qui courent

Dans mon pays qui n’est pas un pays, mais l’hiver (merci Vigneault), le retour des grands froids est chaque année une épreuve. La perspective de m’extirper des couvertures chaudes pour recevoir, sitôt dehors, une gifle de nordet en plein visage me fait me recroqueviller davantage. Cette envie soudaine d’hivernation me rappelle que, même munis de cellulaires, nous demeurons des mammifères. Ce qui nous distingue de nos amis velus, selon les scientifiques? La station debout. Et avouez que certains matins sombres et frisquets de novembre, elle est dure à tenir.

La Sophie d’Amérique

À ce temps-ci de l’année, je pourrais figurer aux côtés de maman ours dans un documentaire animalier. J’ai cette même pulsion de me trouver une grotte où somnoler (le divan du salon), munie de bonnes provisions (potages et mijotés – ne me parlez pas de salade ni de crudités) et de réduire mes activités pour qu’elles correspondent au ralentissement de mon métabolisme (laissez-moi dormir encore une petite heure s.v.p.). Je dois me faire violence pour être, au final, moitié moins efficace que dans mes bons jours. Mais où est donc passée la belle énergie de septembre? Envolée avec les dernières outardes.

À la vitesse de la lumière

La faute en revient au changement de saison! Les journées raccourcissent : on se lève à la noirceur et déjà, à 16 h et des poussières, la nuit retombe. L’effet du manque de lumière sur le moral et le niveau d’énergie n’est plus à démontrer. Sans aller jusqu’à vivre une dépression saisonnière, plusieurs vont ressentir comme moi un engourdissement préhivernal du corps et du mental. Maintenir le rythme et se sentir efficace quand on a juste envie de se caler dans une grosse doudoune avec un bon chocolat chaud fait appel à tout notre conditionnement d’être civilisé et épilé.

Refroidir ses ardeurs

Chaque année, quand la température descend pour la première fois sous zéro, le corps semble souffrir d’amnésie et ne plus savoir comment réagir. Nos muscles se contractent, on enfouit la tête dans les épaules en plissant les yeux, et on se dit « merde, il ne fait pourtant que – 5 °C ». On se souvient vaguement qu’en mars dernier, on rigolait avec de la neige plein les cils en parcourant la ville, à – 45 °C, main dans la main avec le facteur vent. Mais pour l’instant, tout ça nous semble carrément improbable, surtout avec six mois à tenir et le pire encore à venir.

Au top sous zéro

Pourtant, la nature est bien faite. En charmante petite bête, on s’adapte. Après quelques semaines, le corps ne vit plus comme une agression constante les rafales de vent glacé et de neige; on écarquille même les yeux pour trouver les gros flocons jolis, et on rêve secrètement à la première tempête. Et puis, l’hiver a quand même son charme quand on cesse de le combattre pour le prendre à bras le corps.

Plage horaire avant l’hiver

Une fois l’hiver bien entamé, je retrouverai mon allant. C’est la transition qui est difficile. Ne pourrait-on pas instaurer dans les pays nordiques un horaire allégé de changement de saison? Disons, trois petites semaines pour que le corps et la tête s’y fassent en douceur? Un temps où on pourrait abuser du cocooning et réduire les heures passées là dehors, dans ce climat hostile. Allez les marmottes, en attendant de revoir votre ombre, faites-moi une place… et je vous laisse la télécommande!

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2 Commentaires Poster un commentaire
  1. Judith Poulin
    Nov 27 2011

    J’adore les illustrations, et la qualité d’écriture est parfaite. Je partage pleinement les sentiments de Sophie quant à l’adaptation ; trois semaines pour se faire au changement de saison, ce serait merveilleux.

    Bravo les filles !

    Réponse
  2. Nov 27 2011

    Trois petites semaines, qu’est-ce que c’est après tout? Une petite pause de rien du tout… Je vote pour!

    Tant qu’à moi, j’aime bien l’arrivée de l’hiver. Parce que ça nous force à ralentir, même si la transition n’est pas facile. On sort la machine à pain et le chocolat chaud du fond de l’armoire. Et que ça sent bon dans les maisons!

    Réponse

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