Aller au contenu principal

18 décembre 2011

2

La science infusée

par Valérie des Temps qui courent

Le temps des fêtes fonce sur nous comme une tempête et il nous souffle dans le cache-oreille de tout prévoir parfaitement pour recevoir en grand. La tendance veut qu’on accorde une importance particulière à l’accord mets/vin. Toutefois, pour mériter le titre d’hôte ou d’hôtesse de l’année, prenons aussi en compte l’accord breuvages/invités. Pour éviter que ces derniers ne soient trop « réchauffés », je vous présente cette semaine l’infusion glacée.

Infusion quoi?

L’infusion glacée, aussi appelée infusion froide ou infusion à froid, c’est la macération de feuilles de thé ou de tout autre aromate (feuilles ou fleurs séchées, tisanes, épices, etc.) dans de l’eau froide. Plus simplement, on laisse tomber notre ingrédient parfumé au fond d’un pot pour relever la saveur de l’eau. Et c’est le temps qui fait tout le travail à notre place. Jusque-là, ce n’est pas trop sorcier… et ça ne va même pas se compliquer!

Comme les feuilles infusent dans l’eau froide, l’amertume du thé, qui rebute certaines personnes, n’a pas tendance à ressortir, sauf bien évidemment si on oublie notre pichet vraiment trop longtemps (plus de 12 heures). L’eau se parfume lentement et la saveur douce qu’elle prend n’est jamais trop intense.Le temps d’infusion n’est pas très précis et on n’a même pas à laisser refroidir l’élixir avant de le boire puisque la magie a opéré dans le frigo ou sur le comptoir. Quand l’infusion est terminée, il ne reste qu’à filtrer et à embouteiller. Et ce n’est pas cette étape qui risque d’épuiser.

Chic, savoureuse, peu coûteuse, l’infusion froide permet de garder le toupet sec (exit la broue!) tout en mettant, en grande pompe, l’eau à la bouche de nos invités. Vous trouverez ici un aide-mémoire expliquant en détail comment procéder pour la préparer.

De grands crus pour éviter les cuites

Servir des infusions glacées contribue à ce qu’il y ait, en fin de soirée, assez de chauffeurs désignés pour ramener tout le monde dans ses quartiers. Car, même si vous êtes un hôte bien préparé, vous n’avez sans doute pas suffisamment de draps pour accommoder tous vos invités. Proposer cette nouveauté permet aussi de « diluer » la quantité totale d’alcool consommé et d’ainsi freiner les effusions chaudes d’invités imbibés de spiritueux et, par conséquent, un peu moins spirituels. C’est aussi – et surtout – l’attention délicate d’un hôte dévoué, car ce n’est pas tout le monde qui consomme ou qui désire consommer de l’alcool dans une soirée.

Au moment du toast ou de l’apéro, les partisans de la sobriété, volontaire ou imposée, se retrouvent souvent à trinquer avec un verre vide, ou encore à l’eau, plate ou minéralisée, au jus de fruit ou à la boisson pétillante sucrée. Mettez-vous à la place du chauffeur désigné, de la belle-sœur enceinte ou de l’ami sur les antibiotiques pour qui tout alcool est contrindiqué. Pensez encore à ceux qui boivent très peu ou pratiquement pas, par goût, par souci de modération, ou parce que, comme moi, ils ont génétiquement souscrit à une assurance mal de tête et déshydratation après moins de deux verres de vin ou de boisson. De plus, comme l’infusion glacée n’est pas sucrée, elle convient aussi aux diabétiques. Je vous assure que de leur proposer quelque chose à boire d’un peu plus sophistiqué qu’un verre tiède de « cuvée de mon évier » ou un punch aux fruits décongelé sera une petite attention fort appréciée.

On infuse, les compliments fusent

Comme on ne sucre pas cet élixir naturellement délicieux, il accompagne bien les repas (les thés vert et noir surtout). Il a, de plus, des propriétés digestives, l’idéal pour celui qui n’a pas su résister à tous les amuse-gueule qui lui sont passés sous le nez depuis son arrivée! Il est aussi parfait en apéro ou en digestif. Par exemple, on peut servir un rooibos aromatisé à l’amaretto pour l’apéro, puis une infusion fleurie (thé au jasmin, infusion d’hibiscus…) avec un dessert fruité ou accompagner d’un masala chaï rooibos une décadente sucrerie chocolatée.

Certains convives aventureux iront spontanément vers cette nouveauté. Pour les autres, il faudra créer l’événement et susciter l’envie d’y goûter, d’où l’importance accordée à la présentation. Pour l’embouteillage, un pot Mason peut toujours dépanner, mais l’effet est plus saisissant si on sert notre infusion dans notre plus beau pichet à eau ou dans une élégante bouteille d’alcool recyclée.

À boire debout, un verre à pied à la main

Pour donner un petit côté unique et exotique à notre infusion froide, on peut la servir dans des verres à thé marocains. On peut aussi la présenter façon très chic dans un beau verre à pied, comme ça tout le monde a la même chose à la main au moment de trinquer.

Pour ajouter une petite touche fraîche et originale, on peut utiliser, en guise de glaçons, de petits fruits surgelés (canneberges, bleuets, fraises, etc.). On peut évidemment placer un quartier d’agrume incisé sur le rebord du verre, ou donner l’impression de boire des bijoux brillants en mettant quelques grains de grenade dans une infusion de fleur ou de thé blanc. Ou encore, on fait de notre pichet un élément décoratif (et digestif) avec une infusion de menthe fraîche. Cette dernière, contrairement au thé, ne devient jamais trop forte ou trop amère. On peut donc omettre l’étape du filtrage et laisser dans le pot, tête en bas, les tiges avec leurs feuilles d’un beau vert. Si on y ajoute des grains de grenade ou des canneberges bien rouges, ça fait Noël!

Nos infusions froides, présentées de la sorte, peuvent être servies sans gêne aucune ni arrière pensée à côté de la p’tite bière frette ou de la grosse bière tablette, du gros fort de mononc’ Hector ou du vin bien carafé de matante Josée.

Consommation sans modération

La bonne nouvelle, par-dessus le marché, c’est qu’on peut consommer ces infusions, caféinées ou non, sans trop se modérer, car la théine (ou caféine du thé) est peu soluble à l’eau froide. Une infusion glacée contiendra toujours moins de cette caféine excitante que certaines boissons gazeuses ou même qu’une portion de bûche trois chocolats!

On peut donc inciter nos invités à téter leur infusion glacée jusqu’à en avoir les lèvres bleues, et ainsi libérer les bénévoles de Nez Rouge de quelques clients un peu trop pleins, au regard un peu trop vide et au verbe un peu trop avide. Et l’empathie, dans le temps des fêtes, pour nos convives comme pour ceux qui les charrient, est tout à fait dans l’esprit!

Publicités
2 Commentaires Poster un commentaire
  1. Judith Poulin
    Déc 18 2011

    Quelles bonnes idées de breuvages à servir durant les Fêtes ! Je vous lis toujours avec « appétit », quels que soient les sujets. Surtout, continuez de nous alimenter en 2012 ! Joyeuses Fêtes à vous, les scribouilleuses ! J’aime toujours autant les illustrations !

    Réponse
  2. Marie-Claire
    Déc 19 2011

    J’adore! je vais très certainement en servir à mes invités durant les fêtes! 🙂 Bonne manière d’utiliser les thés qui trainent parfois dans mes armoires un peu trop longtemps hihihi! merci! 🙂

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Remarque : Le HTML est autorisé. Votre adresse email ne sera jamais publiée.

S'abonner aux commentaires

%d blogueurs aiment cette page :