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8 janvier 2012

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L’histoire sans frein

par Valérie des Temps qui courent

Les rhumes de cerveau traversent nos frontières sans passeport, mais l’idée de changer de rythme de vie, elle, ne nous rentre pas facilement dans la tête. Parfois, on va si vite qu’on ne se voit même pas aller. Ralentir? S’arrêter? Bah! On s’en tamponne si notre visa pour la santé semble validé. On n’aime pas l’idée que quelque chose pourrait clocher et on attend souvent d’être vraiment sonné pour se mettre à raisonner… et encore!

Pas la peine, je peine à peine

Voyageriez-vous à bord d’un véhicule dont le radiateur fuit et le moteur tousse et crache? C’est pourtant un peu ce que l’on fait quand on est malade, en proie à une douleur chronique, au stress ou à une grande fatigue. On a du mal à se donner le droit d’arrêter vraiment et on roule continuellement sans refaire le plein d’énergie. On espère tenir la route et faire du millage additionnel sur la garantie prolongée. Et lorsque le voyant lumineux « danger » s’allume sur notre tableau de bord, on l’ignore. Car, tant que la carrosserie a l’air potable, on continue de carburer au surplus d’activité.

Le p’tit nerf intérieur, fibre du performeur         

Il faut attraper la crève du siècle pour se sentir à peu près justifié de se reposer. Mais du coup, comme on a le mal de bloc et la goutte au nez, on ne profite même pas de ce congé. Le sentiment de perte de vitesse et de temps fait de nous d’impatients patients. On a le souci de la performance même dans la convalescence. Aux premiers symptômes d’amélioration, on s’active, puis on se recrève et on peste car on tarde à se rétablir. On a bien du mal à calmer les ardeurs de notre p’tit nerf intérieur.

Le temps d’une plaie           

La maladie est une pilule difficile à avaler. On n’aime pas être témoin de sa propre vulnérabilité, ni se sentir diminué. On a envie d’être des super héros de l’efficacité, pas de fragiles microparcelles d’humanité. Affaiblis et ralentis, c’est un deuil que l’on vit. Le deuil de soi à son meilleur. « J’ai des limites » est un constat qui écoeure.

Avec Internet et les nouvelles technologies, on a pris l’habitude de la haute vitesse et de la gratification instantanée. On a maintenant tendance à oublier qu’il y a des choses qui se font en douceur, comme recouvrer la santé. Oui, il faut prendre son mal en patience et s’assurer de bien recharger ses batteries avant de pouvoir envisager la reprise normale de nos activités.

On a beau se sentir blindé et invulnérable et foncer dans la vie tête baissée, la santé n’est pas un acquis. C’est un virus tenace qui me l’a appris en me forçant à cesser de travailler pendant plus d’un an. Moi qui avais pour habitude de ne jamais arrêter de grouiller, j’ai eu très peur que les malaises, la douleur et la fatigue deviennent mon quotidien pour la vie, mais ouf! je m’en suis tirée.

Le cran d’arrêter

Malgré ma frousse, il m’a pourtant suffi de me sentir passablement réparée pour que ma petite vie reprenne son cours à vitesse grand V. On se remet à excéder nos limites avec une rapidité déconcertante. Comme si la douleur, l’inquiétude et la perte d’autonomie n’avaient jamais existé. L’idée que ça puisse aller mal ne nous traverse même pas l’esprit quand on a la santé.

J’ai beau vouloir freiner quand je me sens fatiguée, je n’arrive pas toujours à maintenir ce rythme plus lent bien longtemps. Je le trouve stressant, comme si l’idée de ralentir un peu mon moteur me faisait craindre d’étouffer. Mais comme j’ai maintenant peur d’encore hypothéquer ma santé, je fais l’effort de trouver du temps pour me reposer. J’avoue aussi que j’en ai marre de toujours avoir le pied au plancher, mais je me demande bien ce que j’attends pour mettre la pédale douce.

Campés dans l’attente

On connaît la théorie sur les bienfaits du repos, alors pourquoi ne pas la mettre en pratique tout de go? On attend quoi? De ne plus avoir le choix? Qu’une catastrophe change le cours de nos jours? Qu’un microbe nous entre dans le système avec l’immunité diplomatique? D’avoir un accident en s’endormant au volant? Les coussins gonflables ne sont pas conçus pour faire la sieste, pourtant! Pourquoi vouloir tester à tout prix l’extrême limite de notre résistance avant de modifier notre rythme de vie? Il est pourtant logique de prendre le temps de s’arrêter pour remettre sa mécanique en état quand elle montre des signes d’usure ou de défaillance.

Tirer un trait sur nos traits tirés

Si la maladie ou la douleur durent normalement quelque temps, elles peuvent aussi, sans prévenir, devenir des états permanents. Un simple petit rhume suffit à nous faire sentir misérable pendant une semaine. Imaginez alors être ralenti ou immobilisé pendant plusieurs mois, plusieurs années, ou pire, toute une vie. Il ne faudrait pas laisser notre urgence de vivre nous conduire directement aux urgences.

Se reposer, c’est être bien plus qu’une simple forme alitée. Ça assure notre vitalité et notre productivité. Ça ne requiert même pas de tout arrêter. On continue de progresser, mais au lieu de toujours appuyer à fond sur l’accélérateur, on enclenche le régulateur de vitesse. Adopter un rythme modéré permet de détecter à temps les signes de fatigue ou de faiblesse. Ça permet de sortir du feu de l’action avant de se brûler. La vigilance, c’est la clé. Ne faites pas comme moi. N’attendez pas la douche écossaise pour filer à l’anglaise vers une ère de repos!

Ne partez pas sans elle!

Pour 2012, les Temps qui courent vous souhaitent la santé, car sans elle, la vie a beaucoup moins de saveur (surtout si on a le nez bouché). On ne s’en rend pas toujours compte, mais c’est elle qui alimente notre centrale en énergie et qui nourrit, en grande partie, notre appétit pour la vie. À la vôtre!

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3 Commentaires Poster un commentaire
  1. Judith Poulin
    Jan 8 2012

    Une excellente santé à vous aussi, les filles, pour que vous puissiez soutenir la nôtre à coups de mots, de blagues, d’autodérision, d’humilité…

    Réponse
  2. Marie-Daniele
    Jan 9 2012

    Tout à fait d’accord avec toi Valérie, la santé est notre base, notre ancrage et on y accorde pas assez d’importance… jusqu’au jour où il y a tremblement du « corps »! Tout comme un tremblement de terre, une maladie apporte tout avec elle et nous laisse sans beaucoup de ressource et quand, par bonheur, on se remet, on se doit à tout prix d’être vigilance… rien n’est acquit……. C’est ce que je me dis maintenant et chaque jour, je profite du moment mais malgré tout… parfois, je me laisse prendre au rythme effréné de la vie actuelle, comme si on tentait de vivre à la vitesse informatique. OUBLIONS-CA! On n’est pas fait pour ca et surtout, nous, humain, on a des yeux et durant tout le temps qu’on se démène, on ne voit pas la belle nature… qui, elle a quatre saisons et s’adapte…. Merci Valérie pour ta sagesse et nous rappeler de diminuer la vitesse et respirer par le nez. Bonne année à toi et succès dans ton entreprise. Mes amitiés tendres. Danièle

    Réponse

Rétroliens & Pings

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