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18 mars 2012

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Les grandes aspirations

par Valérie des Temps qui courent

Ce n’est plus un secret, je n’ai aucun talent naturel pour le rangement. Mais récemment, j’ai vraiment touché le fond… de mes tiroirs! Étonnamment, l’événement s’est révélé fort satisfaisant. Enflammée par cette étincelle de contentement, j’ai décidé d’entreprendre LE grand ménage dans ma maison. Si l’hirondelle fait le printemps en construisant son nid, cette année je ferai le mien en désencombrant mon logis!

Possédés par nos possessions

De nos jours, la réussite d’une personne est souvent évaluée en fonction de ses possessions et de son bien-être matériel. En faisant miroiter qu’on peut « acheter » le bonheur et un statut social, la publicité nous incite à nous procurer quantité de biens non essentiels. La facilité d’accès au crédit et aux biens de consommation et notre grande préoccupation pour la sécurité matérielle nous prédisposent également à stocker.

Mais posséder beaucoup, ça veut aussi dire gérer beaucoup. On consacre pas mal de temps à l’entretien de toutes nos possessions. On déplace les objets, sans les utiliser, pour en atteindre d’autres, on les contourne par habitude ou encore on les redécouvre par hasard au moment de déménager.

Faire le ménage ou déménager?

Pourquoi ne pas tenter de reprendre le contrôle sur notre environnement immédiat avant d’atteindre l’ensevelissement? Au lieu d’accumuler passivement, débarrassons-nous activement de ce qu’on garde sans trop savoir pourquoi. On a tout à y gagner. D’abord, on récupère le temps passé à entretenir nos biens. Puis, on se réapproprie l’espace perdu où les objets inutilisés s’empilaient. On réduit le nombre de choses à empaqueter et à transporter lors d’un déménagement. Et on fait une fleur anticipée à nos héritiers en ne leur laissant pas à inventorier et vider une maison pleine à craquer de la cave au grenier.

L’opération « désencombrement » a eu pour moi une conséquence inattendue : j’épargne de l’argent. Plus j’avance dans mon tri, plus je vois tout le tri restant à faire et plus j’y pense à deux fois avant de me ruer au centre d’achats pour me procurer quoi que ce soit. Je me demande maintenant : « En ai-je absolument besoin ou puis-je m’arranger autrement? » Règle générale, je m’arrange autrement. Alors en plus d’économiser de l’argent, je récupère le temps de déplacement.

La sélection naturelle 

Il est difficile de se défaire des objets composant notre ordinaire. Ils traînent autour comme de vieilles habitudes. Pour certains, il est plus facile de trancher. À la question « Vais-je le garder? », on répond un « oui, je le veux » spontané ou un « non » catégorique sans hésiter. Mais quand la réponse est un « je devrais peut-être le garder, au cas », on fait quoi?

Pour faciliter la prise de décision, on peut se poser une simple question : « Si je perdais cet objet, est-ce que je le rachèterais vraiment? » Après cet interrogatoire corsé, si on n’arrive toujours pas à se décider, on range l’objet dans une boîte. Au bout d’un an, si on a oublié ce qu’elle contient, on peut se débarrasser de son contenu sans regret! Bien sûr, si on en abuse, cette méthode peut transformer notre grand ménage printanier en plan quinquennal. À utiliser avec parcimonie!

Accumuler au pied du mur

Pour se faciliter la tâche, on commence par désencombrer les zones neutres, celles où se trouvent des objets auxquels on n’est pas attaché : la pharmacie, le sac à main, le coffre à outils, un tiroir de cuisine ou de salle de bain, par exemple. On en sort tout le contenu, on aspire les cheveux, la poussière et les miettes tapissant le fond, on nettoie et on choisit judicieusement les articles y retournant, en écartant les objets en double, brisés, inutiles, mal aimés, bref en trop. Rien de bien traumatisant là-dedans!

Repasser ses fripes

Dans les tiroirs de la chambre à coucher, on reprend le dessus sur nos dessous. À moins d’être une nympho finie, jeter de vieux sous-vêtements ne devrait pas nous remplir de nostalgie. Élastiques fatigués, articles troués, chaussettes dépareillées, strings usés à la corde : il est temps de jeter!

Le mot d’ordre pour la garde-robe? « Ça doit parfaitement m’aller! » On oublie les vêtements « bof », les « pas trop moches » ou les « je le garde au cas ». Si on n’arrive pas à savoir clairement « au cas de quoi », ça sort de là! On conserve uniquement les morceaux vraiment utiles, ceux où on se sent toujours à l’aise et qu’on est content de porter.

On élimine le trop grand et le trop petit. Au revoir le trop vieux et le trop neuf jamais porté aussi! Oui, même les trucs récents, les erreurs d’achat, les « ça m’allait mieux dans la cabine ». Adieu aussi aux souliers de marque prestigieuse nous blessant les pieds. Si un article n’a pas été porté depuis plus d’un an, il ne le sera probablement jamais plus. Les vêtements et accessoires inutiles nous encombrent et nous font travailler. En s’en débarrassant, plus besoin de les sortir pour les essayer, puis de les enlever, déçu, de les replier et de les retourner dans l’armoire jusqu’au prochain rendez-vous manqué.

Sauver les meubles

Si notre tri s’est avéré efficace, on se retrouvera sans doute avec des meubles, des livres et des vêtements en trop. Permettons-leur de prendre le chemin d’une nouvelle vie. Car se débarrasser de biens matériels ne signifie évidemment pas de tout jeter. On met aux ordures ou au recyclage les objets trop usés. Autrement, on donne ou, si on en a la patience et la volonté, on vend.

Savourer la version allégée

On a besoin de peu pour vivre quand on y pense bien. Et il est tout à fait envisageable de vivre confortablement avec moins de gréement. Faire son grand désencombrement du printemps, c’est un peu comme éliminer les corps morts dans le frigo, mais à l’échelle du logis. En ne conservant que nos objets préférés, nos essentiels esthétiques, pratiques et durables, on libère notre espace pour s’y reposer l’esprit!

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3 Commentaires Poster un commentaire
  1. Fernande
    Mar 18 2012

    Et l’allègement se fait sentir aussi en dedans de soi!

    Réponse
  2. Judith Poulin
    Mar 18 2012

    Merci de nous faire penser au GRAND MÉNAGE du printemps ! Et que dire des illustrations : elles sont de plus en plus inspirées, colorées et si jolies ! Bravo !

    Réponse
  3. Lise Poulin
    Mar 19 2012

    Je devrais suivre ton exemple ! En aurai-je le courage … ou la force?

    Lise

    Réponse

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